Qui sont les rois du Maroc ?

28 juillet 2025

La presse libre rare au Maroc, le cas Ă©chĂ©ant, se rĂ©fère gĂ©nĂ©ralement Ă  Mohamed VI comme « le roi nomade » ou, Ă  la limite de la censure, comme « le monarque qui n’est pas couvert », c’est-Ă -dire introuvable, dans des endroits Ă©loignĂ©s ou inconnus. Ce n’est pas une exagĂ©ration : le roi Alawii passe tellement de temps Ă  l’extĂ©rieur du palais, Ă  faire la fĂŞte, en vacances ou directement Ă  l’Ă©tranger que lorsque le roi Philippe VI est parti en voyage d’État dans le pays voisin en fĂ©vrier 2019, les journalistes ont dĂ©clarĂ© que celui qui se rendait vraiment en visite officielle Ă©tait le roi du Maroc lui-mĂŞme.

Dans les arènes internationales, il y a des milliers d’anecdotes sur la tendance aux Ă©vasions soudaines du MVI ou du M6, comme on l’a surnommĂ©e. Et mĂŞme Houdini ne s’est pas enfui aussi facilement.

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En 2000, un an Ă  peine après avoir grimpĂ© sur le trĂ´ne, il Ă©tait en Espagne pour un voyage officiel et, Ă  la dernière minute, il a dĂ©clarĂ© qu’il n’assisterait pas au dĂ®ner officiel au Palais Vrai parce que j’Ă©tais fatiguĂ©. Cependant, comme l’a elle-mĂŞme rĂ©vĂ©lĂ© la reine Sofia, ce soir-lĂ , une virĂ©e privĂ©e a Ă©tĂ© marquĂ©e dans le Palacio del Pardo, oĂą des dignitaires Ă©trangers sĂ©journent dans notre pays.

L’ancien prĂ©sident français Nicolas Sarkozy pourrait Ă©galement expliquer quelques matchs et mĂŞme Condolezza Rice lui-mĂŞme, le secrĂ©taire d’État ultra-puissant Ă  l’Ă©poque de Bush, a dĂ» subir une dĂ©plantation : Mohammed VI devait le recevoir Ă  Rabat, mais il a finalement dĂ» se contenter du ministre marocain des Affaires Ă©trangères, Fassi Fihri.

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Les quelques biographies sĂ©rieuses publiĂ©es disent que Mohamed VI fuit au minimum parce qu’il est un homme submergĂ© par la fonction, et qu’il aimerait vivre sans aucune ficelle attachĂ©e

Les très rares biographies sĂ©rieuses publiĂ©es Ă  son sujet disent que, en arrière-plan, Mohamed VI fuit au minimum de ses responsabilitĂ©s parce que c’est un homme submergĂ© par le bureau, qui n’a jamais voulu ĂŞtre roi et qu’il aimerait vivre sans aucune ficelle attachĂ©e.

Cependant, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un ĂŞtre volatil, consensuel, irresponsable, impulsif et accablante. Un gars qui, quand son père, Hassan II est mort en 1999, et qui est devenu monarque et pratiquement souverain absolu, s’est rapidement habituĂ© aux machinations du pouvoir et, surtout, Ă  ses oropelles. Sa vie, qui avait Ă©tĂ© luxueuse mais quelque peu rigide en raison de la discipline stricte qui lui avait Ă©tĂ© imposĂ©e par son père, est passĂ©e Ă  des niveaux d’hĂ©donisme totalement strafaux, oĂą l’argent Ă©tait dĂ©pensĂ© pour les espats et les affaires gouvernementales Ă©taient systĂ©matiquement abandonnĂ©es.

L’argent Ă  sa disposition, bien sĂ»r, avait et continue d’avoir. La monarchie alawienne est l’une des plus riches du monde et celle qui reçoit le plus d’argent public : environ 250 millions chaque annĂ©e du budget public, bien plus que de nombreux ministères.

En outre, Mohamed VI est le plus grand propriétaire foncier du pays, le principal entrepreneur agricole et actionnaire majoritaire de la National Investment Society, une véritable société holding qui englobe des propriétés dans tout le pays, des entreprises, des banques et des propriétés et dont le souverain est plus que de succulents profits annuels.

Pour toutes ces raisons, le magazine Forbes a toujours placĂ© Mohamed VI parmi les dix monarques les plus riches de la planète et le roi le plus riche d’Afrique. Sa fortune continue aussi de croĂ®tre : si selon Forbes, en 2009 elle Ă©tait de 2,5 milliards de dollars, en 2015 elle Ă©tait passĂ©e Ă  5 700.

Ses dĂ©penses personnelles de base, telles que l’entretien des 12 palais royaux et les salaires de 1 100 domestiques, sont couvertes par le gouvernement. Investissez donc dans des caprices comme des yachts gĂ©ants

Avec un tel trĂ©sor Ă  votre disposition et compte tenu du fait que leurs dĂ©penses personnelles de base — entretien des douze palais royaux du Maroc, salaires de 1 100 domestiques Ă  leur total sont couverts par le gouvernement, Mohamed VI dĂ©pense l’argent pour de vrais caprices de milliardaires, tels que des yachts gĂ©ants.

Il utilisait habituellement un bateau appelĂ© El Boughaz I, un bateau de 70 mètres de long, mais en 2019, il a Ă©galement acquis le Badis I, un bateau de 90 millions de dollars et considĂ©rĂ© comme l’un des voiliers les plus grands et les plus luxueux au monde. Il est tellement grand qu’au Maroc, il ne peut ĂŞtre accostĂ© que dans trois ports. Dans les autres, il ne convient pas directement.

Les voitures sont un chapitre distinct : on estime qu’elle compte 600 vĂ©hicules haut de gamme, certains hĂ©ritĂ©s de son père et de son grand-père (comme les Rolls-Royce et les Cadillacs) et d’autres nouvellement acquis, comme les Ferraris, Bentley et Aston-Martin.

Et puis, bien sĂ»r, il y a les costumes (dont la plupart sont dirigĂ©s par le gouvernement). Commençons par les montres : elles en ont des centaines, de la Rolex aux modèles remplis de diamants. Leurs chilabas ont des boutons dorĂ©s et son goĂ»t pour les vestes saisissantes avec des impressions impossibles a Ă©tĂ© Ă©valuĂ© comme une influenceuse, bien que la chose la plus correcte serait de l’appeler tout de suite.

La presse liĂ©e au rĂ©gime a dĂ©clarĂ© avec finesse que le monarque s’inspire des rock stars et, surtout, du hip-hop, mais qu’il ajoute des touches de couleur et de motifs gĂ©omĂ©triques typiques du Maroc. Le rĂ©sultat ne peut pas ĂŞtre pire.

La modernitĂ© qui n’arrive jamais

Bien sĂ»r, Mohamed VI est dĂ©calĂ© pour donner une image d’une modernitĂ© absolue, mĂŞme d’instagramer. En fait, depuis son arrivĂ©e sur le trĂ´ne, il s’efforce de faire de son nom un synonyme de progrès et de nouvelles idĂ©es au Maroc, de nouveau renouveau et de progrès dans le monde arabe, fer de lance du Maghreb et de l’Afrique. Mais tout reste sur une simple façade, car le pays n’a pas beaucoup progressĂ© dans des domaines clĂ©s pour son dĂ©veloppement.

De plus, le fait d’ĂŞtre vendu comme Les Marocains sont bien conscients de l’Ă©volution des changements qui n’arrivent jamais. DĂ©jĂ  sous le règne de son père, Hassan II, qui a envoyĂ© avec une main de fer de 1961 Ă  1999, le Maroc s’est vendu au monde comme un lieu moderne qui savait combiner son âme islamique avec les dernières avancĂ©es technologiques.

Cependant, Hassan II, appelĂ© prince des croyants (la tradition musulmane affirme que le monarque marocain est un descendant direct du prophète Mahomet), Ă©tait Ă©galement un homme qui a Ă©crasĂ© les rĂ©volutions, les coups d’État internes et les tentatives de rĂ©voltes.

Sans dire qu’il a annexĂ© le Sahara Occidental parce qu’il lui a donnĂ© la vraie victoire et n’a eu aucun problème Ă  utiliser 350 000 Marocains, dont certains jeunes enfants, comme l’avalanche humaine (la fameuse Marche verte) devant laquelle l’armĂ©e espagnole a refusĂ© de tirer un seul coup de feu. Les Espagnols ont reculĂ© Ă  quarante kilomètres au sud pour Ă©viter les conflits armĂ©s et, peu de temps après, nous avons abandonnĂ© le la souverainetĂ© du lieu, une partie au Maroc et l’autre Ă  la Mauritanie (alors le Maroc a Ă©galement annexĂ© cette partie).

De nombreux Sahraouis ont refusĂ© de vivre sous les marocains et c’est ainsi que le Front Polisario est nĂ©. En 1991, l’ONU a créé un rĂ©fĂ©rendum pour que le peuple sahraoui dĂ©cide de son avenir. Ils n’ont pas encore pu voter.

Hassan II a vendu au monde que sa Constitution reconnaissait le Maroc comme un État démocratique mais détruit toute opposition à son pouvoir absolu.

Hassan II a vendu au monde que la Constitution qu’il a lui-mĂŞme promulguĂ©e en 1962, un an après sa montĂ©e sur le trĂ´ne, reconnaissait le Maroc comme un État dĂ©mocratique, respectant pleinement la loi. Cependant, la belle phrase est restĂ©e dans une promesse creuse : bien qu’un Parlement ait Ă©tĂ© créé et que des Ă©lections aient Ă©tĂ© organisĂ©es oĂą les hommes et les femmes pouvaient (prĂ©tendument) voter librement, Hassan II n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  dĂ©truire toute opposition Ă  son pouvoir absolu, emprisonner tous ceux qu’il considĂ©rait comme des ennemis (et le terme a Ă©tĂ© utilisĂ© avec une lĂ©gèretĂ© excessive) et mĂŞme envoyĂ© dans des parents exilĂ©s qu’il ne comptait pas beaucoup. Tellement de sang s’est rĂ©pandu pendant ces annĂ©es que l’on se souvient encore de la pĂ©riode comme « les jours sombres ».

Cependant, en dĂ©pit d’ĂŞtre un vrai dictateur et aussi un tyran, Hassan II Ă©tait un diplomate accompli qui savait très bien jouer ses cartes sur un plateau de jeu incroyablement fragile, fragmentĂ© et dangereusement inflammable.

Sa spĂ©cialitĂ© Ă©tait ce qu’on appellera plus tard la triangulation et qui consiste Ă  se lier d’amitiĂ© avec des pays ennemis les uns des autres. Il a ouvertement flirtĂ© avec l’URSS, mais ses relations avec les États-Unis Ă©taient excellentes. Il a eu un certain temps de recharge avec la France, mais il savait comment y remĂ©dier rapidement.

Le Maroc a combattu IsraĂ«l sur le plateau du Golan (pendant la guerre des six jours), mais en 1994, le les relations et, Ă  partir de lĂ , l’amitiĂ© Ă©tait stable. Il y a Ă©galement eu un accord avec l’Union europĂ©enne et un accord commercial a Ă©tĂ© signĂ© en 1995.

En particulier, Hassan II savait comment vendre habilement Ă  l’Occident que lui et, par extension, la monarchie, Ă©taient le meilleur bastion pour la stabilitĂ© politique et la meilleure barrière de protection contre l’islam politique qui dominait dĂ©jĂ  l’AlgĂ©rie, l’Égypte et plusieurs pays du Moyen-Orient. C’est lui qui a laissĂ© entendre que le Maroc Ă©tait la bannière d’un pays sans surprises, avec une vision modĂ©rĂ©e de l’islam et un certain pragmatisme envers IsraĂ«l.

La grande espérance

Mohamed VI a appris de son père que sa survie en tant que monarque dĂ©pendait de la façon dont il s’entendait bien avec les dirigeants internationaux. En fait, sa formation d’hĂ©ritier a rapidement mis l’accent sur son rĂ´le de diplomate.

Mohamed VI est nĂ© le 21 aoĂ»t 1963 Ă  Rabat et a reçu un une formation approfondie, bien qu’il n’Ă©tait pas de loin un bon Ă©lève. Ă€ l’âge de quatre ans, il Ă©tait dĂ©jĂ  au Collège Royal de Rabat et, Ă  seulement dix ans, en avril 1974, il reprĂ©sente son père Ă  l’Ă©tranger pour la première fois. C’Ă©tait lors des funĂ©railles solennelles du prĂ©sident français George Pompidou Ă  Note-Dame.

Six ans plus tard, il Ă©tait dĂ©jĂ  engagĂ© dans des voyages officiels en Afrique et, après avoir Ă©tudiĂ© le droit Ă  Rabat, obtenu un certificat d’Ă©tudes supĂ©rieures en sciences politiques et obtenu un diplĂ´me en Ă©tudes avancĂ©es en droit public, il est allĂ© en stage Ă  Bruxelles. Il a pu y voir Jacques Delors, alors prĂ©sident de la Commission europĂ©enne, en action.

En plus d’acquĂ©rir des connaissances diplomatiques dĂ©taillĂ©es, Mohamed Ă©tait Ă©galement fortement occidentalisĂ©, tant de pays croyaient que lorsqu’il deviendra roi, de profondes rĂ©formes commenceraient au Maroc.

En fait, quand il est finalement montĂ© sur le trĂ´ne en 1999, Ă  seulement 36 ans, toute la presse internationale croyait que Mohamed serait un coup d’air frais et beaucoup ont commencĂ© Ă  parler d’une Ă©ventuelle transition dĂ©mocratique vers l’espagnol.

Cela a commencĂ© du bon pied : il a permis Ă  l’adversaire communiste historique Abraham Serfaty de revenir d’exil.

La vĂ©ritĂ©, tout ce que nous avons Ă  dire, c’est qu’elle a commencĂ© du bon pied : elle a permis Ă  l’adversaire communiste historique Abraham Serfaty de revenir d’exil et a renvoyĂ© le ministre de l’IntĂ©rieur Driss Basri, qui Ă©tait directement responsable de nombreuses violations des droits humains. En 2004, il a modifiĂ© le Code de la famille et inscrit l’Ă©galitĂ© entre hommes et femmes dans la Constitution.

Quand il a Ă©pousĂ© Salma Bennani en 2001, au lieu de la cacher, comme c’Ă©tait la tradition jusque-lĂ , elle a dĂ©cidĂ© de lui donner le titre de princesse et lui a permis de servir de première dame. Salma, une femme Ă©duquĂ©e et moderne ayant une formation universitaire, reprĂ©sentait une nouvelle type de femme marocaine : beaucoup plus occidentale, dĂ©voilĂ©e et très impliquĂ©e dans la vie publique.

Avec elle, Mohammed a eu deux enfants : le prince hĂ©ritier Moulay Hassan, qui vient d’avoir 18 ans, et la princesse Lalla Khadija, 14 ans. Salma a quittĂ© la vie publique en 2017 et en mars 2018 le magazine Hola a donnĂ© une nouvelle exclusive de son divorce.

L’hĂ©ritier, qui pouvait dĂ©jĂ  accĂ©der au trĂ´ne sans conseil rĂ©gent, est très proche de sa mère. Mohamed VI a de graves problèmes de santé : il a Ă©tĂ© opĂ©rĂ© deux fois pour une maladie cardiaque et souffre de MPOC (maladie pulmonaire obstructive chronique). L’abdication est une option sĂ©rieuse.

L’espoir perdu

MalgrĂ© le bon dĂ©part, le rythme des rĂ©formes a rapidement ralenti et les mauvaises habitudes du passĂ© sont rapidement revenus. Les Marocains voyaient avec consternement — mais pas avec une surprise excessive — comment le nouveau monarque, qui s’Ă©tait fait appeler prince du qui a Ă©tĂ© vendu aussi près de la ville, c’Ă©tait en fait un hĂ©doniste qui gaspillait autant ou plus d’argent que son père, qui avait dĂ©jĂ  la rĂ©putation de gaspillage.

De plus, les vraies libertĂ©s supposĂ©es ne sont pas arrivĂ©es et les bons vĹ“ux ont Ă©tĂ© laissĂ©s dans du papier mouillĂ©. MĂŞme le printemps arabe (qui Ă©tait assez insignifiant au Maroc) n’a pas beaucoup changĂ©. Il est vrai que Mohamed VI a vu la barbe de ses voisins tremper et a donc rĂ©formĂ© la Constitution, renforcĂ© le pluralisme et reconnu davantage de droits et de libertĂ©s.

Il est Ă©galement vrai qu’il a renoncĂ© Ă  bon nombre de ses pouvoirs sous le Parlement et le gouvernement, et que le Maroc choisit dĂ©sormais son prĂ©sident de gouvernement parmi le parti majoritaire qui a remportĂ© les Ă©lections lĂ©gislatives.

Alors que Mohamed VI n’est plus officiellement une personne sacrĂ©e, il est obligatoire de lui montrer son respect et un arc qui borde le culte.

Toutefois, il est Ă©galement vrai que les grands partis sont tous liĂ©s au Roi, que le monarque peut nommer et cesser des ministres Ă  son propre grĂ©, que l’administration fonctionne Ă  peine et que la corruption est systĂ©matique et massive. La sĂ©paration des pouvoirs est une vĂ©ritable chimère et, bien que Mohamed VI ne soit plus officiellement une personne sacrĂ©e, il est obligatoire de lui montrer son respect et un arc qui borde le culte.

Étant donnĂ© que toute l’opposition a subi des reprĂ©sailles depuis des dĂ©cennies, il n’y a pas de nouveaux dirigeants et ils ne sont pas connus pour transmettre des critiques citoyennes par le biais de structures politiques stables ou efficaces. De temps en temps, les Marocains descendent dans la rue, mais leurs efforts, bien que bien qu’ils soient bien intentionnĂ©s, ne donnent aucun rĂ©sultat, car au-delĂ  des proclamations criantes et des drapeaux volants, il n’y a personne pour les dĂ©fendre ou qui sait comment concrĂ©tiser leurs demandes.

Un bon diplomate

MĂŞme si le Maroc n’a pas progressĂ© en termes rĂ©els pratiquement rien dans de nombreux domaines, Mohamed VI a veillĂ© Ă  ce que ses alliĂ©s internationaux lui regardent bien et parlent bien de lui. Parfois, mĂŞme très bien : quand Hillary Clinton Ă©tait secrĂ©taire d’État dans l’administration Obama, elle a poursuivi en disant que le Maroc rĂ©alisait « un virage vers la dĂ©mocratie qui devrait ĂŞtre un modèle pour d’autres pays de la rĂ©gion ».

Les États-Unis traitent le Maroc et, par excellence, Mohammed VI comme l’un de ses principaux alliĂ©s en Afrique du Nord troublĂ©e, son principal partenaire en dehors de l’OTAN et, depuis le 11 septembre, les relations entre Rabad et Washington sont constantes, fluides et dans les meilleurs termes.

Ces dernières annĂ©es, la coopĂ©ration militaire entre les deux pays a Ă©tĂ© renforcĂ©e, les États-Unis ont aidĂ© Rabat Ă  renforcer leur propre industrie militaire et il n’est pas difficile de voir des soldats amĂ©ricains et marocains faire des manĹ“uvres. joint.

Il en va de mĂŞme pour les relations avec Paris : en 2012, Mohamed a Ă©tĂ© le premier chef d’État reçu par le prĂ©sident Hollande, alors nouvellement Ă©lu, et avec Emmanuel Macron, les contacts sont Ă©galement Ă©troits.

Comme son père, Mohamed VI a appris Ă  s’entendre avec tout le monde et Ă  diversifier ses partenaires. Depuis environ trois ou quatre ans, il y a eu un rapprochement progressif du Maroc vers Moscou et Beijing, et dans une moindre mesure, vers l’AmĂ©rique latine.

Les contacts avec les pays subsahariens ont Ă©tĂ© grandement renforcĂ©s : son père a quittĂ© l’Union africaine en 1982 en raison de divergences avec le Front Polisario, mais Mohamed VI a dĂ©cidĂ© de rejoindre en 2017. En peu de temps, Rabat est dĂ©jĂ  devenu le premier investisseur en Afrique de l’Ouest et le deuxième sur le continent, derrière l’Afrique du Sud.

Il y a Ă©galement un accord croissant avec l’Arabie saoudite et ses adlaters. En revanche, avec le reste des pays arabes, il y a un refroidissement. En fait, l’absence de Mohamed VI au 28e sommet de la Ligue arabe Ă  Amman en 2017 a Ă©tĂ© très solide. Du Maghreb, directement, ils ne veulent rien savoir et les relations avec l’AlgĂ©rie ont atteint des points dangereux.

Mohamed VI a récemment obtenu de grandes réalisations politiques : après deux ans de négociations discrètes, Trump a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara

En outre, Mohamed VI a rĂ©cemment remportĂ© un succès politique majeur : après deux ans de nĂ©gociations diplomatiques discrètes, les États-Unis de Donald Trump ont reconnu la souverainetĂ© marocaine sur le Sahara. Le 4 novembre 2020, pour ĂŞtre exact, Trump initiait son approbation. Quelques jours plus tard, le gendre du prĂ©sident de l’Ă©poque, Jared Kushner, est arrivĂ© Ă  Rabat avec une dĂ©lĂ©gation amĂ©ricaine et israĂ©lienne pour signer plusieurs accords Ă©conomiques (3 milliards de dollars pour des projets d’investissement privĂ©s dans le pays) et signer une dĂ©claration commune Maroc, États-Unis et IsraĂ«l.

Avec l’Espagne, cependant, les choses changent. Depuis son arrivĂ©e sur le trĂ´ne, la pression pour Ceuta et Melilla a augmenté : Mohamed exerce des pressions commerciales depuis un certain temps et, depuis 2018, d’importants travaux ont Ă©tĂ© menĂ©s pour fermer ces deux enclaves.

MĂŞme si le pire, comme nous le savons tous, est survenu il y a quelques jours. Mohammed VI, se sentant fort après ses rĂ©centes rĂ©alisations Ă©lectorales, a mis l’Espagne sur les cordes. Utilisant sa propre population comme une simple marchandise, et profitant du dĂ©sespoir absolu d’une grande partie de ses citoyens, il a lancĂ© un pouls diplomatique comme on le voit rarement au cours de la dernière dĂ©cennie.

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